La souffrance

Par David Ciussi

1/ La souffrance est-elle inévitable ?

 

Comme la pluie ou le soleil, la souffrance est une donnée naturelle de la vie. 

Oui, elle est évitable si nous la reconnaissons comme naturelle et pédagogique.

 

Je vous invite à faire la distinction entre :

 

- une souffrance-douleur qui est d’origine physique, mécanique

- la souffrance psychologique qui est un sentiment émotionnel de séparation avec le sens affectif, familial et social

- la souffrance intellectuelle qui est de ne pas comprendre la valeur de l’instant présent immédiat

la souffrance spirituelle qui est une perte de sens avec notre identité profonde, la vie qui passe de vie en vie en toute sérénité… ! 

 

2/ La souffrance a-t-elle un sens ? 

 

La souffrance physique est un signal naturel qui nous informe d’une rencontre avec un objet agréable ou désagréable.

Si c’est agréable cette relation donne le plaisir du corps.

Si c’est désagréable cette relation avec un objet, devient de la douleur.

 

La douleur ne vient pas de l’objet, elle vient de la mobilisation de notre système immunitaire pour isoler l’ennemi, le détruire et réparer la partie endommagée, donc guérir... La douleur est une réponse naturelle du corps qui nous apprends a comprendre notre environnement.

Douleur = guérison… !

 

Il est important de comprendre et vivre cette pédagogie naturelle sans automatiquement craindre la douleur… 

S’il y a peur anticipée, accompagnée de projections d’incapacités d’action sur le futur alors la douleur devient une souffrance psychologique. Elle est mécanisme de défense émotionnel et intellectuel abstrait qui suppose que la pensée peut changer le passé ou le futur en expliquant tout sans apprendre et comprendre de ce qui se déroule ici. 

 

Lorsque l’on n’est plus une victime automatique, on peut alors prendre soin de son corps et se soigner en soulageant ses douleurs ou ses souffrances en devenant le « Comédecin » de notre âme. Une aide extérieure ne sera plus une dépendance à l’autre. 

 

3/ Faut-il lutter, subir ou l’accepter ?

 

Celui qui connaît les différentes souffrances ne les combat plus car il les connaît…

 

Connaître c’est apprendre et aimer apprendre de toutes les situations en inventant un avenir neuf ou les douleurs et les souffrances anciennes ne viennent pas troubler l’esprit de la première fois. Se connaître comme nouveau, renouvelé, renaissant donne l’esprit de la découverte jaillissante dans un point de jonction reliant passé, présent et avenir, sans craintes, ni illusions pré conceptuelles…

 

Se connaître, faire l’expérience d’une révolution spirituelle permanente : « la vie qui passe de vie en vie en toute sérénité… ! »

 

4/ Que faire face à la souffrance de l’autre ? 

 

Comprendre la personne et respecter sa souffrance, sans faire « buvard », sans indifférence ou vouloir intervenir en donnant des explications qui nous rassurent…

 

C’est aussi voir l’autre, le sujet humain, sans déni de sa réalité, ni positivisme naïf, ni amalgame avec ses propres souffrances. 

« Ce qui est, est ;  ce qui n’est pas n’est pas » donne un sens profond à la compassion.

 

La vraie compassion est une activité de la conscience voyant la vérité de la vie à travers ses différentes manifestations, naissance, vie et mort. La fausse compassion c’est de se plaindre et de voir la souffrance partout. L’aveugle qui conduit les autres aveugles…

 

5/ Souffrir nous permet-il d’évoluer ?

 

Evoluer sans souffrances mentales est notre destinée. 

 

Distinguer ce qui est naturel et ce qui est mental nous apprend que la souffrance phycologique n’est plus nécessaire. Souffrir de la perte d’un être cher est naturel pendant la période du deuil : ensuite ce souvenir s’inscrit dans la richesse d’avoir rencontré cette personne sans regrets quelle ne soit plus présente… physiquement… 

 

L’évolution vers la découverte des lois de l’esprit est une voie d’intelligence, de finesse dans laquelle d’extraordinaires découvertes seront révélées, les effets secondaires de ces découvertes donneront un esprit libre, apaisé, consolateur car il voit la beauté suprême et incandescente du réel dans une innocente maturité. Il vit dans une compassion qui n’est pas quelque chose d’intellectuel, d’appris ; il vit la compassion dans le présent et la spontanéité. 

 

Cet homme intègre, authentique, se tient debout à la proue du bateau, lucide face aux éléments tels qu’ils se présentent. Il est le maitre de ses pensées. Il vit sa vie en direct dans l’imprévu et la synchronicité de la Vie, dans la vérité qui s’inscrit au fur et à mesure de ses pas.