Extraits d'Ateliers...

"Cachés dans chaque mot, 
  vivent diamants, or, et géométrie."

La vie vit toujours dans son seul jaillissement,

celui de

l'instant présent...

LES PAROLES D'UN HOMME

DE SAVOIR SONT À COMPRENDRE,

LES PAROLES D'UN HOMME

DE NON-SAVOIR SONT À RESPIRER...

Quelle est

cette intelligence innée

qui crée et perpétue toute chose dans le cycle

de la vie et de la mort ? ...

LE POUVOIR

ET LA RESPONSABILITÉ DE L'HOMME C'EST DE S'ÉMERVEILLER, D'ÊTRE VIVANT, EN GARDANT SA FRAÎCHEUR D'ÂME D'ENFANT...

Extraits d'ateliers

Le guerrier du présent

Article paru dans la Revue 3eme Millénaire n°57

L'arme du guerrier du présent est une arme qui guérit la séparation. Par elle s'opère une véritable guérison spirituelle,

car elle nécessite que le guerrier se tienne fermement établi

en lui-même, établi également dans toutes les lois de la nature,

établi dans son impeccabilité, dans son adresse, il reste en « Je suis » ;

Il est avant de penser, avant de juger, avant de se séparer.

N'oubliez pas que le mystère de la vie n'est pas un problème à résoudre

mais une réalité à expérimenter.

  Personne n'a jamais rien résolu, et personne ne trouvera jamais rien.

La seule façon de se laisser « mystériser », c'est d'être vivant au coeur du mystère, sans pertinence sur Dieu ou sur soi-même.
La seule existence du monde réside dans l'ici et maintenant; elle n'est ni dans l'histoire, ni dans le temps, et c'est en réunissant ici et maintenant que l'on va glorifier le temps et l'éternité. L'éternité a besoin d'être nourrie par « ici ».

  Chaque rayon se trouve alors relié au soleil. Voyez bien : le rayon de soleil ne se prend pas pour un rayon séparé, isolé, qui agit seul. Il sait bien qu'il est sans arrêt relié au soleil.

À titre personnel, le rayon ne crée rien, il est le messager du soleil. Il ne se prend pas non plus pour le soleil, il est son rayon. Il n'y a rien de plus glorieux que de redécouvrir ce qu'est « Moi », et notre responsabilité réside dans la reconnaissance de l'acte « je suis ». Nous n'avons pas la responsabilité de porter le monde. Est-ce que c'est nous qui l'avons créé ? Est-ce que c'est nous qui avons créé les montagnes, le ciel, les océans ?
Ne faites pas de la responsabilité une croyance. La seule chose qui nous incombe, c'est d'être " je suis", petit, petit, infiniment petit.
En devenant ce rayon de soleil, par la seule reconnaissance de « je suis », vous nourrissez toute la totalité de la vie.

Que vous le pensiez ou non, que vous le compreniez ou non, que vous le discutiez ou non, la vie vit toujours dans son seul jaillissement, celui de l'instant présent.

Vous vous laissez caresser par le vent, seulement maintenant, dans l'instant.
Votre coeur bat, seulement pour cet instant. Vous respirez, seulement maintenant, et cela fonctionne toujours ainsi.
Toute extrapolation est un gargarisme mental.
Des prodiges s'accomplissent tous les jours, dans notre «instantanéïté», pour notre survie, seulement maintenant, pour que nous puissions penser, seulement maintenant, pour que nous soyons, maintenant, pour que nous trouvions la liberté, maintenant, pour que nous reconnaissions seulement maintenant.

  Je suis le don de vie.

Savez-vous comment, chaque seconde, vos cellules, vos os, vos cheveux se renouvellent ? Savez-vous comment votre coeur bat ? Savez vous comment vous pensez ? Alors laissez tomber ! Restez dans « je ne sais pas », un « je ne sais pas » vivant qui vous fait goûter la magie de voir ou d'entendre.

David invite J. à partager une expérience :

J. : « Ce matin, en me réveillant, j'ai compris ce que je t'entends dire depuis un an : Avec le réveil vient la prise de conscience du corps dans un certain bien-être. Et ce matin, j'ai réalisé que juste avant que mon corps ne s'éveille, j'étais. Je sentais mon corps, il y avait la lumière, le bruit du réveil, mais comment dire ? J'étais avant tout ça. Ce que j'ai compris, c'est que je suis, avant la prise de conscience du corps. Je suis avant les cigales que j'entends ici, avant les pensées qui arrivent et qui jugent.


David : Bien, alors, continue à cultiver cette relation entre toi et toi.
Vous voyez, J. nous parle de la sève : « Je suis avant de me réveiller, avant de penser, je suis avant la lumière, avant d'être dans l'histoire, dans l'espace et dans le temps. » C'est quelque chose de très important; il va falloir faire un geste pour renouveler cela, sinon, tu vas l'oublier et tu vas repartir dans ton histoire. Ce geste de conscience relève d'une pratique spirituelle saine. C'est là que réside l'art du « guerrier du présent. »


Le guerrier du présent n'a pas à sortir son arme pour tuer ses ennemis, ses pensées de victime, car s'il le fait, il est déjà mort : il a déjà fait exister les autres, les ennemis.

L'arme du guerrier du présent est une arme qui guérit la séparation. Par elle s'opère une véritable guérison spirituelle car elle nécessite que le guerrier se tienne fermement établi en lui-même, établi également dans toutes les lois de la nature, établi dans son impeccabilité, dans son adresse, il reste en « Je suis », il ne quitte pas la sève, il est avant de penser, avant de se juger, avant de se séparer.

C'est un acte de vigilance et de vaillance qui s'inscrit au coeur du réel. Dans la vie de tous les jours, en lui, le guerrier du présent est invincible. Mais, s'il fait le geste de dégainer, c'est déjà trop tard. C'est que déjà, il a structuré un ennemi à l'extérieur de lui-même, il a inventé quelqu'un à combattre et à tuer. Sentez bien cela.

Fermement établi en «soi-sève», je peux être toutes les particularités de la sève,

« je » peux inclure la multitude dans le singulier, « je » peux être pluriel...
Dans « moi » il y a nous.

 

L'homme au coeur pur, établi dans un trésor,

établi dans la chanson de la vie,

s'il entend chanter chaque particule de la création,

de l'infiniment petit à l'infiniment grand,

c'est que, lui-même, il chante « moi ».

Le « moi » dont il s'agit appartient au langage universel, celui d'avant la tour de Babel, quand les langues humaines ne sont pas encore inventées et quand les mots n'existent pas encore pour séparer les choses. Le « moi » dont il s'agit, c'est un mot pour désigner le langage pré-verbal dans lequel tout est lié, non séparé, existant au coeur de lui.

Lorsque l'on honore ce « Moi », lorsque l'on entend le son juste « Moi », on entend en soi toutes les lois de la nature, et devenant toutes les lois de la nature, on devient tous les dieux de la nature, tous les symboles enfermés dans les noms « Shiva » , « Brahmâ », « Vishnu » se trouvent alors incarnés. En Inde, chaque divinité est représentée par des attributs, c'est une façon symbolique de témoigner d'une qualité d'existence particulière inscrite au coeur des lois de la nature.

 

Quand un homme s'établit dans cette vérité, dans cette chanson cosmique, dans cette universalité, il devient et honore les lois de la nature, ces divinités vivantes. Il n'est plus alors besoin de symboles extérieurs pour les représenter. Il est cette divinité vivante, simplement, humblement, en « Moi ».

Dans cette qualité d'unité particulière, l'éveil vient à la fin tout balayer afin que ne reste que la transparence du réel. Cela, reconnaissez-le simplement, et soyez dans la certitude que vous êtes déjà cette qualité. Vous êtes l'émanation de ce Moi-sève, vous êtes la sève qui se manifeste à travers tous les aspects de la création.

Les paroles d'homme de savoir sont à comprendre;

les paroles d'un homme de non-savoir sont à respirer.

Les paroles d'un homme de savoir expliquent le pourquoi, elles expliquent le comment, elles expliquent le vent;
Les paroles d'un homme de non-savoir sont la légèreté du vent.
Les paroles d'un homme de non-savoir jouent, volent, elles sont le vent.


« Présent à l'émerveillement, au coeur de chaque pensée, pourquoi suis-je toujours si étonné? Chaque mot est une note, une couleur, une simple poésie. Cachés dans chaque mot, vivent diamants, or et géométrie. L'art de vivre est présence en" Je suis ", l'art de Dieu est présence, c'est tout petit . »
(Rêve d'éveil, page 163)

Tout ce que je dis n'est rien, l'essentiel est toujours non-exprimé.


L'Émerveillement s'émerveille, s'émerveille, s'émerveille...

 

Pouvoir et responsabilité

L'homme n'a qu'un seul pouvoir fondamental,

celui d'être étonné d'exister et de vivre,

qu'une seule responsabilité, celle de maintenir cet étonnement vivant, source d'humilité, de curiosité, en relation avec les hommes et la nature. C'est dans cette « étincelle d'auto-reconnaissance »,

dans cet étonnement d'être en vie, que l'homme alors établi au coeur

des lois de la nature est loyal et auto-référent.

Il participe pleinement au jeu de la vie.

  C'est dans cet « Eurêka » lucide (Connais-toi toi-même et tu connaîtras l'univers et les dieux) c'est-à-dire, en réalisant qu'il EST, qu'il existe, qu'il possède un corps et qu'il pense, que se situe le « seul vrai miracle » de sa présence. Il est créé et maintenu en vie d'instant en instant et voyage dans l'infini à bord du vaisseau spatial Terre. Cette force même le maintient en vie.

Ce don, ce pouvoir, qui les lui a donnés ? Qui fait tourner la terre ? Qui la porte ? Où sont les moteurs et le carburant ? Quelle est cette intelligence innée qui crée et perpétue toutes choses dans le cycle de la vie et de la mort ?

Le pouvoir et la responsabilité de l'homme c'est de s'émerveiller, d'être vivant, en gardant sa fraîcheur d'âme d'enfant, tout en devenant un adulte conscient, responsable de la qualité de sa relation face aux événements et aux autres, miroirs qui révèlent ce qu'il est.

  Nous vivons tous en société, mais qu'est-ce que c'est « la société » ? C'est une abstraction, un concept. Seul l'homme individuellement existe, l'homme est l'unité de base de la société. La qualité de celle-ci est le prolongement naturel de la qualité des hommes, non l'inverse. Les conflits d'ordre sociaux, politiques et économiques etc., ne peuvent être réglés qu'au niveau de l'individu.

Notre responsabilité, c'est de nous transformer, de devenir adulte, adulte dans le sens responsable de nos actes pour nous-mêmes et les autres.
C'est notre devoir de « conscientiser » la relation avec l'autre pour la rendre plus fluide et ne plus générer de conflit. Répéter les mêmes erreurs, appuyer toujours sur les mêmes boutons réactionnels en espérant un résultat différent est une erreur de stratégie qui frise parfois « la folie ordinaire ».

L'homme non-responsable est celui qui est animé d'une ambition personnelle et d'une recherche de pouvoirs tant sur le plan social, idéologique qu'ésotérique.
Ces amalgames spirituels dégradés sont des essais non transformés qui entretiennent la logique du dominant-dominé, maître-esclave, pouvoir de l'homme sur l'homme.

  L'illusion d'être prisonnier de nos réactions et celle des autres nous font cueillir les souffrances et les peurs comme seule réalité. On se prive alors du jardin d'Eden, source de vie qui, sans cesse, propose des solutions face à nos résistances de victime. Les oppositions et les échecs répétés sont autant de difficultés qui nous privent de l'intelligence du tout oeuvrant au coeur de l'évolution.

La responsabilité de l'homme, c'est de lâcher, à un moment, ses conditionnements de « victime », ses peurs imaginaires, pour agir et découvrir dans l'action, un allié inattendu, le courage, source d'accomplissement et de confiance en soi.

L'homme reconnaissant alors la qualité de sa liberté et de sa responsabilité, se doit de l'incarner et d'en porter témoignage dans son humanité à travers ses actes : il EST, il apprend, il comprend, il agit. Il accomplit son propre destin, son odyssée, dans le plaisir naturel de trouver des solutions à travers tous les obstacles.
Il se libère alors de ses entraves, « libérant ainsi la liberté ».
La qualité transparente de son autonomie dans les relations devient alors une éthique, une ouverture et un art de vivre dans une lucidité sans interférence.
C'est la forme la plus haute de l'intelligence humaine.
Lorsque l'homme devient adulte et responsable, une aspiration, un désir de liberté, se fleure et s'anime. C'est l'aube de la quête spirituelle. Un voyage d'intégrité et d'obligation à l'impeccabilité commence. L'homme devient alors le révélateur du courage et de l'intelligence du processus de liberté se faisant chair. Alors une confiance et une patience insoupçonnées vont oeuvrer au coeur de cette intelligence innée. La force de cet embrasement renversera toutes les montagnes de croyances et dévoilera à celui qui cherche le passage, le secret de l'arche de l'alliance et la nostalgie mythique du prince charmant cherchant et réveillant la princesse endormie.

Il s'agit bien ici de réinitialiser ce passage d'avant toute naissance et d'après toute mort, genèse de tout ce qui est, a été et sera, inclus dans « Ici et maintenant ».
Vous comprenez bien qu'il ne s'agit pas seulement du « Ici et maintenant » du glorieux présent terrestre, mais bien de la plénitude intemporelle.
La lumière chassant automatiquement l'obscurité, les faux désirs d'illumination et de pouvoirs seront alors vus et décapités dans l'instant.


L'homme qui réalise sa quête du sacré et sa nature divine n'est plus responsable isolément. Il est co-responsable et relié universellement, ceci dans une très grande légèreté.

Cela ne veut pas dire qu'il peut faire impunément ce qu'il veut en se couronnant d'une autorité spirituelle, mais les lois de la nature qui sont vivantes en lui, exigent l'impeccabilité de conscience. En tant que représentant témoin vivant de ces lois, il devient le « vécu » sans ambition personnelle, serviteur du grandir du monde.

Il accepte le réel comme il est, sachant qu'il n'a aucun pouvoir terrestre pour changer les choses en dehors de lui-même.

Le mystère de la vie

N'oubliez pas que le mystère de la vie n'est pas un problème à résoudre

mais une réalité à expérimenter.

  Le monde n'est pas fait pour qu'on pense à lui. La seule façon d'entrer dans ce mystère, c'est d'être vivant au coeur de celui-ci, sans pertinence sur Dieu ou sur soi-même. La seule existence du monde réside dans Ici et Maintenant. Elle n'est ni dans l'histoire, ni dans le temps.
L'éternité a besoin d'être nourrie par maintenant.

La réponse est le processus permanent du questionnement, sans une réponse à l'extériorité.

L'autre est la solution

Il faut apprendre que dans les relations humaines,

l'autre est la solution.

  En chimie, la solution c'est de mélanger deux corps, par ex. : l'eau et le sel. Au départ, l'eau a peur donc elle résiste. Elle se dit « Oh, qu'est-ce que c'est que ces grains durs qui entrent en moi, ils vont m'envahir et me blesser ». Le sel lui aussi résiste et se dit :

« Attention ! si je vais dans l'eau, je vais perdre mon identité et me noyer donc mourir ». Mais finalement, quand ils sont ensemble, sans jugement ni a-priori, apparaît la solution: l'eau salée. Ils se sont enrichis mutuellement des valeurs de l'autre. 


La rencontre avec l'autre me révèle mes rigidités, met l'accent sur l'endroit où ça fait mal, où « je m'enferme », donc « où je dois travailler ».

Cette relation me fait prendre conscience de l'état de victime que j'entretiens en réagissant toujours de la même façon. 
C'est ce travail fait ensemble qui va me faire grandir, et faire grandir l'autre. Dans cette acceptation dynamique, je sers et j'accompagne la vie en perpétuelle transformation. Ainsi comme l'érosion naturelle qui agit sur toute chose, les événements de la vie qui me mettent en relation, vont « arrondir mes pathologies », adoucir mes comportements, me rendant de plus en plus conscient de la relation. 


J'entre alors en compassion avec moi et les autres en acceptant complètement d'apprendre de l'autre, car j'ai compris que l'Autre est ma solution.