Le Coin des Artistes

Pluie

Par Laure L.

Mon corps pleure.
La pluie est grise, sur l’herbe
Dont le vert s’ouvre doucement.
Quelques roches glissent sur l’éboulis
Entre les doigts des saules nains.
L’arc-en-ciel fait naître la lumière.
Les larmes sèchent, le corps s’apaise.
Les cailloux caressent le creux de la pente
Et se calent l’un contre l’autre.
Ce qui a fait plier mon corps
n’est ni joie ni tristesse,
mais une tempête
que le silence entre les mots
a levé de terre.
Le vent a laissé un sol nu
Où chuchotent quelque soiseaux,
Où le soir timidement avance sonpas
Entre les ajoncs,
Pour ne pas troubler la fraîcheur.
Mon corps de pluie est un brouillard
Posé sur la terre.
Mais dans sa rosée toute ronde,
Le sourire bleu du soleil fait danser un firmament.
Mon corps de papier
Ecoute le vent tourner ses pages,
Mais la brise, murmurant ses chapitres,
Dénoue ses mots de nuages.
Mon corps d’hellébore fanée
Attends l’hiver pour fleurir,
Le printemps pour grandir,
l’automne pour rêver et dormir,
l’été pour danser
sur cette roue innocente.
Corps de lave refroidie, corps de tourbe,
Sur ton sol pauvre poussent formes et couleurs,
Papillons aux ailes de joie,
Aux vifs regards des fleurs
Qui m’accueillent parfois.
La pluie se pare de gemmes
Pures comme la lune.
Dans les odeurs de menthe,
Parmi les troncs anciens,
Le sentier mène au doux foyer.


Juin 2019

 

Image Laure L

Obscur

Par Laure L.

Je ferme les yeux.
Est-ce noir ? Non, simplement obscur.
Sans rien d'immobile.
Le ciel un soir de fête.
Les lumières battent comme des cœurs.
L'obscur est un sapin brillant,
guirlandes bleutées, éclats d'or.
L'obscur n'est pas obscur.
Il vibre.
Traces lumineuses à grande vitesse,
en capillaires étoilées
éclaboussure d'encre blanche,
lait de cristal en brisures légères.
Sucre filé que tire le confiseur
en nappes transparentes,
l'obscur est un tissu damassé,
une indienne fleurie de milles douceurs.
L'obscur te rend regard pour regard.
Il est au fond des yeux, traverse la cornée,
coule sur les joues.
En lui chatoie la pointe de chaque nerf.
Les mots y sont cousus de fils de soie,
poissons des profondeurs
venus pêcher sur le vide,
Vagues tranquilles, houles tissées de clarté.
Les tempêtes barbares des pensées oublieuses
cachent l'obscur sous leurs voiles.
Mais il est le rouage secret, la pluie fine,
le vent immobile, la couleur du souffle,
le soupir de l'œil qui s'ouvre à nouveau.

Novembre 2018

 

Fleurs

Par Laure L.

Sous les ronces entrelacées et les frondaisons,
la source laisse éclore des fleurs d’écume,
montées des fonds obscurs
en roses bouillonnantes.
Un tourbillon d’ailes lumineuses
brode de ses éclairs minuscules
un voile frémissant sur le silence.
Les saxifrages étoilées penchent leur reflet
sur le front lisse du ruisseau,
pour y dessiner la Voie lactée.
La nuit s’éclaire de fleurs d’argent,
tombées au matin sur la terre humide,
coulant doucement sur la courbure des herbes
pour recoudre le manteau de la prairie,
brodant des mots d’amour sur chaque feuille,
léchant les troncs brillants.
Des trilles entrelacées fleurissent
la tiédeur du jour,
les coeurs battent.
La rivière laisse traîner ses vêtements de pluie
et se couvre de pétales.
Les églantiers soufflent des nuages de blancheur
Sur la nudité de la forêt.
Ce jour-là je me suis souvenue
de toutes ces fleurs brillantes,
De ces couleurs assoiffées.
Leur nom latin m’a échappé.
J’ai laissé leurs caresses
couler sur ma peau
et leur pollen s’envoler.


Février 2020

Live Concert - Ney iranien

Christophe 

Une pincée d'humour...

Martin 

 

Félicitations David pour ton nouveau bouquin ! J'ai particulièrement aimé «le gâteau 5 centrations», «les patates en robe de champ profond»,

le «reptilien en sauce» et le «confit d'émotions». Il faut dire que toutes les recettes donnent la mesure «juste», et heureusement, on apprend dans la voie progressive !

Merci,

Martin

Chilhood - Maxence
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Chilhood

Maxence

Irish Ballad

Henri-Pierre 

Irish Ballad - Henri-Pierre
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Caresse du Cœur   &

Le RAP des R.I.P.

( résistances intellectuelles passives )

Didier & Valérie

Caresse du cœur - Didier et Valérie
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Le RAP des R.I.P. - Didier et Valérie
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Solitude - Barbora
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La vie est simple...

Franck

Solitude

Barbora 

4 petits poèmes

             pour les yeux...

Henri

Tomber dans tes yeux :

J'aime chanter

J'aime danser

Et courir

Rebondir

Et j'adore tellement rire

Et de sourire

C'est encore mieux

Les yeux dans tes yeux

 

 

Dans le ciel

Eternel

Une sirène

Qui m'appelle

Mais, pour qui me prend-elle ?

Moi tout ce que j'aime

C'est dans tes yeux

Voir le ciel blanc et bleu

 

 

A Wall Street

Y-a du fric

Pour les maîtres

De la Terre

Qu'est-ce qu'ils peuvent bien en faire ?

Sans la lumière

De tes yeux clairs

Le monde n'est pas si cher

 

 

Un p'tit coin

Prés du feu

Accroupis

Tout blottis

Qu'est-ce qu'on est bien ici

Et moi le grand feu

Qui me fait du mieux

C'est celui de tes beaux yeux

Poèmes...

Mary line

Branches de printemps
PLONGE - Original - Roxane
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Plonge

Roxane

Chamane

Catherine 

Chamane - Catherine
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Petit Jésus

Par Franck

"J’ai publié entre 1999 et 2006 cinq albums de BD, avant de poser mon crayon et de lui faire faire une sieste de plus de 12 ans. J’ai repris ce crayon pour enseigner le dessin aux enfants puis pour donner vie à un personnage appelé Petit Jésus.

Comment est né Petit Jésus ? Un jour, avec des amis, j'ai entendu David nous dire pour s'amuser

" Hier soir, P'tit Jésus est venu me voir et m'a dit qu'il s'ennuyait là-haut, accroché sur sa croix, et qu'il préfererait être sur Terre pour rire avec nous » La graine de cette BD était plantée."

Franck

Petit Jésus

Guy

Comme écoutant ou écouté

Je suis toujours bien dépité.

J’essaie pourtant de me détendre,

L’esprit léger pour bien entendre.

Dès que je crois être agressé,

Je tente alors de nuancer.

Mon grain de sel de «père sauveur»

Me laisse soudain un peu rêveur.

Du coup, bien vite, retour au corps

Et à l’écoute dans le décor.

En m’entraînant, je vois pointer

Une volonté d’humilité.

Quelques silences à mon secours

Sont des bémols à mes discours.

Comme écoutant, j’ai quelque chance

De retrouver ma fraîche enfance.

Le paradis est en chantier,

Tout est nouveau dans mon quartier.

Si le vieux Guy soudain s’encroûte,

Tant de neurones sur autoroute

Et dix mille heures d’apprentissage

Viendront à bout du dégraissage.

Écoutant, écouté...