Extraits de "Rêve d'Eveil"

Poèmes

Par David Ciussi

Le Vent
 
 
Le Marché de Nice
 
 
La comptine de la petite aiguille
 
 
 

Le Marché de Nice

Saveur de l'instant , 
Gourmandise du vivant, 
Je marche en savourant.

Roulement de galets, vol de mouettes, 
Traversant les yeux, je suis sans tête.
D'où émergent les vapeurs chaudes, de socca, et de pissaladières ? 
Plus de nez, je me faufile comme un courant d'air.

Comme l'abeille s'unissant à chaque fleur, 
Je suis polennisé par les sons et les couleurs.
Poursuivant ma danse au rythme des bouquets,
J'accueille, roses, jasmins, myrtes et fleurs d'orangers,

Virevoltant encore dans les fragrances d'aromates,
Je goûte gingembre, cannelle et noix de muscade.
Lavande thym et romarin apportent la garrigue.
J'exhale les essences et j'écoute les notes de la vie.

Transformé comme les nuages, emporté par le vent,
en métamorphose, je glisse, je vole, je deviens goéland
Respirant ailé, affûté et volant à mille vitesses,
les pages des yeux défilent, les anges dessinent l'allégresse.

Main dans la main, le tumulte et le silence jouent
une symphonie lumineuse, partition en nous.
Etonné d'être au sein de la multitude,
Je pose pour l'instemps, seul, glorieuse et éternelle solitude


J'aime, sans penser, sans savoir, sans comment,
J'aime « main-tenir » l'étonnement non savant.
À l'aube des sens, « les sens-ciel » est « regar-danse »
Le monde vient, J'aime, « J' existence ».

Le Vent

Le vent n'a pas de voix, il est silencieux,

Mais il fait chanter les arbres.
Il n'a pas de maison, il est chez lui partout,
On ne le voit pas, il est présent partout,
Il fait bouger les plus petites feuilles,
Pourtant il est si grand,
Il n'a pas de bras,
Mais il porte les voix.
L'homme le prend dans ses voiles, 
Mais ne peut le faire prisonnier. 
Il ne pèse rien, 
Mais il porte les hommes.
Il est plus léger que l'eau
Mais il porte les nuages.
Lorsqu'il parcourt les champs de blé,
Ceux-ci le saluent sur son passage
Personne ne sait qui il est,
Mais tout le monde le connaît.
Il n'a pas de famille, 
Mais il sème la vie.
Il n'a pas de muscles, 
Mais les arbres se plient. 
Il n'est pas une fleur, 
Mais il transporte son parfum
Il est tout, et il n'est rien.

Comptine d'une aiguille

avec une si petite pointe en or...

Une si petite aiguille, 
A crevé tant d'illusions,

Une si petite aiguille, 
Et, pouf, du monde et de sa contrefaçon,

Une si petite aiguille, 
Et boum, du temps et des saisons,

Une si petite aiguille, 
Et bing, et bang, de la logique et de la raison,

Une si petite aiguille, 
Et badaboum, de l'auteur des actions,

Une si petite aiguille, 
Et pschitt, des grandes questions,

Une si petite aiguille, 
Chut... C'est un secret, son utilisation,

Une si petite aiguille, 
Et il n'y a plus rien de ma chanson.