Stephen Jourdain, l’éveilleur,

l’anti gourou, le sage sans image

Par David Ciussi

Stephen Jourdain vécut sa première expérience d'éveil à l'âge de seize ans... 

Depuis il cherche à en communiquer l'expression la plus fidèle.

La lecture de « L’irrévérence de l’éveil » (éditions Le Relié) a été le signe déclencheur d’une urgence à rencontrer ce Sage occidental. Ses propos déroutants, décapants et tranchants comme un scalpel, ont été des électrochocs pour l’élève déterminé, idéaliste mais courageux que j’étais... A l’époque, ma démarche, bien que sincère, était néanmoins voilée par de nombreuses croyances innées au

« maître idéalisé », mais rencontrer Steve Jourdain, c’est rencontrer un anti gourou, un instructeur « sauvage » qui n’a que faire des courbettes, des mondanités et des croyances.

Voici le récit de notre première rencontre à Vizzavona (en Corse) chez lui, entre la gare et son domicile : 


« Bonjour notre rencontre est prévue vers 17 h n’est-ce pas, nous voudrions manger quelque chose, où aller ? » 
Steve : (cigarette à la bouche)  « Allez à Vivario, à 8 kms à pied, vous y trouverez de la bonne charcuterie et des sandwichs au saucisson d’âne »
- « Mais nous sommes végétariens depuis 15 ans… »
- « Vous avez bien le droit d’avoir des défauts !»


Arrive la première rencontre en tête à tête… Dès les premier mots, je suis au bord des larmes, j’entends une mélodie céleste où se succèdent des "oui, oui"... Les paroles de Steve ensemencent des graines vivantes et fécondes. Mon épouse et moi sommes subjugués par la simplicité de ce moment partagé avec cet être exceptionnel. Nous sommes lucides d’assister au mouvement du silence, source d’où jaillissent tous les mots.
L’impression ressentie est que ses mots sont toujours premiers, comme un mouvement ininterrompu d’intelligence créatrice : ils redonnent la vie une deuxième fois et surgissent d’une vérité immémoriale, ici, constamment renouvelée.
Pendant quelques mois à ses côtés, j’ai pu assister à des échanges relationnels et spirituels où le déplacement des plaques tectoniques ne serait qu’une pâle reproduction des forces en jeu... Son intelligence abstraite et descriptive est sans limites. Steve joue avec les concepts comme un orfèvre ; il cisèle, taille et polit comme un expert de la conscience, il donne de l’éclat aux pierres précieuses qui passent entre ses mains ; celles-ci illuminent la beauté terrestre de cet instant de notre origine renouvelée. 
« Pure pensée rien » est son enseignement.

En savoir plus sur Stephen Jourdain :

Extraits de "Moi l'évidence perdue"

(Editions Accarias L'originel - 2002)

L'homme féru de spiritualité vous pose une question sur le corps.


"Le corps, pour vous, c'est quoi ?"


Attention, votre réponse doit être prudente, nuancée, simple. 
Après tout, peut-être est-ce simplement l’Innocence qui se tient devant vous...


Steve : "Vous faites allusion à ce que vous savez sur votre corps ou à la pure expérience que vous en avez ?
A votre corps su ou à votre corps vécu ? "


Sans vous départir de votre volonté de faire simple tout en ne prenant pas le risque de blesser, vous ajoutez :

Steve : "Et qui vous dit que le corps n'est pas la référence au corps ?
Le corps d'un côté, la référence au corps de l'autre côté, cela vous semble-t-il tenir la route ?
Vous est-il arrivé de vous adresser à votre corps sans en avoir déjà formé la notion ? Sans l'avoir déjà pensé ?"


Cet homme, ce Chercheur était venu vous voir en ami, la main tendue, le cœur gonflé d'espérance, c'est-à-dire persuadé que vous alliez le conforter dans ses vues atterrantes - mais à ses yeux, sacrées - sur l'intériorité. Il va repartir, je ne dirais pas troublé, mais blessé et déçu. 

"Encore un coupeur de cheveux en quatre, un con d'intellectuel !" Confiera-t-il plus tard à son épouse.