La recherche spirituelle

Par David Ciussi

Le principe même de la recherche contient l'idée de séparation et de manque. 


Croire en la recherche, c'est ne pas voir le réel. 


Alors quelle solution y a-t-il pour qu'une recherche spirituelle ne soit pas un refuge ? 


Tous les êtres de sagesse s'évertuent à le dire : la liberté se trouve au sein même de l'« ici et maintenant ».

Alors pourquoi ne suis-je pas en train de vivre cette liberté ? 
Quelle est l'origine des conflits qui m'en séparent ? 
Comment cette référence absolue de l'« Ici et Maintenant » peut-elle satisfaire ma quête ?


Pour chaque être humain, le Moi ou le Je constitue la référence unique. 
Si dans la rue quelqu'un vous demande « est-ce toi ? », vous répondez « oui c'est moi ! » 
La réponse s'impose immédiatement. Vous n'êtes pas un autre, vous n'êtes pas deux.

Pourtant lorsque vous vous fuyez vous-même ou que vous vous plaignez, et que vous vous sentez victime de la vie, des circonstances, ou des autres, vous cherchez à être un autre. 
Il y a alors, Moi ce que je suis et Moi ce que je voudrais être. Cela fait deux Moi.

L'homme ne crée rien. 
Il redécouvre les lois de la nature qui pré-existent. 
Il réinvente une relation entre lui et ce qui est.


 Chaque découverte le renvoie à un plus grand étonnement :
 « J'existe et je fais partie de ce tout ».

Notre liberté consiste simplement à accomplir cet acte concret, symbole vivant de notre relation. 


Dans ce lâcher-prise conscient de la recherche, je deviens alors le cherché, « voyageur cosmique d'ici à ici » dans lequel aucune distance entre le père et le fils ne subsiste.


Ce lâcher-prise est un élan spontané, naturel, comme celui de l'enfant ouvrant ses bras à l'invitation de son père.

Il est acceptation, un faire OUI, où la vie s'accueille. 
Il est l'acceptation de se sentir digne d'être aimé et de répondre OUI à l'intelligence de l'enfant naissant, essence spirituelle d'un monde nouveau-né.


Je ne sais rien, et cela fait beaucoup rire mon coeur d'enfant. 
Je suis ce silence infini qu'aucune vérité ne peut enfermer. 
Ma parole est sans mémoire, chantée et écrite par l'Eternel. 
« Je suis » est le signe vivant,

l'écriture sacrée, lue par les hommes au coeur pur.