Faire grandir vos oreilles

Par David Ciussi

Etre à l’écoute de nous-mêmes, « faire grandir nos oreilles », c’est contacter l’intimité de notre être profond pour

« intuiter » ce que nous sommes vraiment. 

C’est seulement en étant bien dans notre « oreille intérieure » que nous saurons être ouvert et disponible dans « notre oreille extérieure ».

Quand deux personnes se rencontrent, qu’elles le veuillent ou non, elles échangent une multitude d’informations conscientes et inconscientes qui déterminent leur comportement et leur jugement. La réponse immédiate à cette interaction est une habitude comportementale instinctive : vous vous ressentez simple et juste, ou vous vous dévalorisez par démission ou séduisez par compensation.

Le procédé mystérieux de la relation est un défi proposé à l’espèce humaine : « Comment vivre ensemble » et donc comment faire consciemment la paix. 
Alors que faire : fuir sur une île déserte ou faire de la relation une opportunité de croissance réciproque ?

Tel est le défi de notre siècle ! Malgré Internet, nous sommes à l’âge de pierre de la communication.

 Pourtant la vie nous oblige à nous rencontrer et à vivre ensemble.

Alors, l’autre serait-il la solution d’un nouvel « apprenti-sage » ou est-il l’occasion d’une nouvelle manipulation ? 
Peut-on changer les autres en maintenant nos mécanismes de résistance au changement en imposant nos positions ou allons-nous nous ouvrir à la communication consciente ? 
Puisque la relation ne peut être esquivée, le rapport à l’autre peut-il s’adapter comme changer les vitesses de sa voiture en fonction de la pente ?


Oui, ajuster son rapport à l’autre c’est communiquer en vérifiant que l’autre a compris et que vous aussi vous avez été compris. La communication juste passe par la délicatesse du cœur : c’est une intention volontaire à se comprendre mutuellement. Quand l’homme est capable de contacter simplement le courant créateur disponible dans chaque moment, tout devient simple et continuellement neuf ; le mental et le cœur ne s’opposant plus, il ne crée plus d’entropie dans la relation avec lui-même et les autres. Il observe et sait écouter comme un enfant réceptif et ouvert.

Communiquer avec un autre procure beaucoup de satisfaction et de plénitude. 
Se sentir proche, établi dans un silence intérieur pleinement en unité avec une autre personne est un sentiment subtil de reconnaissance, comme entrer en communion avec la beauté d’un coucher de soleil. 
La qualité de la perception d’unicité procure un sentiment de partage et de confiance qui enrichit la vie. Au-delà du message immédiat de la personne, quelle qu’elle soit, l’universel mystérieux et caché se dévoile. Une communion intime se crée dans l’échange des paroles et des idées ; la diversité des êtres se fond dans l’unité. Il n’y a plus « les autres ».


Comme le rendez-vous des rayons du soleil avec les vitraux des cathédrales, il y a de la lumière, de la beauté et du sacré dans chaque rencontre. Elles sont comme un révélateur des lois de l’âme humaine, cachées et ordonnées par l’impensable mystère qui réunit l’homme, la terre et l’univers en un tout. Alors par un mystère inouï, la solution de la rencontre arrive imprévue et toujours nouvelle.

 

C’est comme si la liberté se libérait en ensemençant un sentiment d’ouverture transmissible. C’est comme si la personne se disait « quelqu’un m’écoute, quelqu’un partage enfin ce que je suis ». Alors elle devient plus ouverte au processus de changement. Il est étonnant de constater combien les situations qui semblaient insolubles deviennent simples quand quelqu’un écoute, comment les confusions qui semblaient irrémédiables se transforment en courants fluides et clairs chez celui qui est écouté.

Alors, ne soyons pas des auditeurs sourds et impuissants ! 
Faisons grandir consciemment nos oreilles !