De l'injonction de l'excellence

à "l'imperfectitude" 

Par David Ciussi

Je vous propose de lire ce courriel que je viens de recevoir d’une étudiante …

 

« Toujours sous pression, qu’elle soit sociale ou parentale…tellement sous pression, que mon corps a fini par la rejeter et en tomber malade…L’entourage attendait beaucoup de moi et j’attendais tant de mon entourage, je l’avais en moi ! Je me souviens qu’avant de tomber malade, lorsque j’étais en première année de médecine, le jour du premier partiel plus exactement, j’étais vraiment très stressée, et puis je suis passée devant un mendiant dans la rue. Et là je me suis dit que ma seule préoccupation c’était de réussir un examen, alors que lui ses préoccupations étaient de savoir où dormir, quoi manger, à qui parler… Et là, j’ai relativisé et je me suis rendue compte de la chance que j’avais ! Bien sûr, cela ne m’a pas empêché de tomber malade, mais même le rapport à la maladie change la vision que l’on a du monde ! Lorsque je suis en période de crise : je souffre, quand je ne suis pas en crise : je revis ! Je profite de chaque instant, une anecdote toute bête : je marche ! Je profite de chaque occasion que j’ai de me déplacer pour marcher parce qu’en période de crise la fatigue est telle que je marche aussi rapidement qu’une personne de 90 ans alors que j’en ai 23 ! Avec la maladie j’ai réappris à marcher, à comprendre que c’était un réel cadeau et j’en profite tous les jours ! »

 

Mes Amis, cet émouvant témoignage nous parle intimement … oui nous souffrons tous de ces injonctions à la réussite. Pression extérieure et pression que nous nous mettons nous même… Y a t-il une pédagogie plus féconde !

 

Aimez vous apprendre de vos erreurs ?... de vos hésitations, de vos doutes, de vos incertitudes, de vos émotions et de vos joies… ! Aimez-vous retenir, recommencer et transformer votre relation avec vous même en rapport avec le monde réel… ?

 

 

 

 

« L’imperfectitude » Recommencer de nouveau, c’est essayer… sans peurs… 

 

Dans le mot « essayer » est déjà inclus le succès, l’esprit de la première fois où agir n’est pas réussir mais aimer exister et expérimenter en agissant. Agir, c’est se renouveler sans cesse et s’encourager pour qu’émerge la joie de partager nos projets et nos rêves les plus optimistes, c’est ressentir l’intelligence de l’univers en nous… !!! C’est agir en faisant des essais-erreurs en dépassant la peur de se tromper. Ne les comptabilisons pas, c’est la somme de tous nos échecs acceptés, transformés dans la joie d’apprendre de nouveau. Vivez l’esprit de la première fois comme dans l’enfance quand vous aimiez apprendre de tout sans vous juger.

 

Redécouvrez la motivation première incluse dans l’idée de ne pas échouer, c’est retrouver la joie d’exister, de jouer et d’oser agir : « la pensée-action-satisfaction », le plaisir de l’action, non pas pour réussir mais seulement pour s’éprouver librement en oubliant le jugement d’incompétence que l’on aura sur soi. 

 

Oubliez le désir de perfection qui génère, en cas d’échec, de la dévalorisation, du découragement, voire de l’inhibition, ce qui vous rendra laxiste, déprimé et paresseux.

Soyez au cœur de vos émotions face à la différence et au changement. 

Ne réussissez pas à devenir un autre plus comme ceci ou comme cela, cela vous éloignerait d’ici et maintenant, essayez simplement d’être vous-même avec un peu d’humour et de tendresse pour vous … 

 

Rire c’est aimer apprendre. Souffrir c’est ne pas aimer se tromper. 

 

Osons, redécouvrons un lien plus familier entre nous, soyons plus audacieux, « les meilleurs » pour éradiquer la pauvreté, la violence, les guerres, le terrorisme… voilà l’exploit collectif à réaliser. Contactons avec lucidité l’intelligence universelle qui œuvre déjà en nous, voilà le sens de notre vie.