Le souvenir sain

Par David Ciussi

Ce que l’on a touché du bout de l’âme reste inscrit au plus profond d’un souvenir sain, celui d’être en unité avec tout ce qui est, où découvrir n’était pas apprendre…

Pourquoi chercherions-nous à retrouver le chemin perdu pour rentrer chez nous, dans cette intimité profonde, si nous n’en avions pas déjà le goût ?

Je cherche parce que je me souviens.

Qui n’a pas gardé le sentiment simple d’être « en entier » dans les souvenirs sains et inaltérables de son enfance : la senteur douce et sucrée des fleurs de glycine s’exhalant sur les murs décrépis de l’école, le parfum du lilas dans le jardin de votre grand-mère ?

Vous souvenez-vous du plaisir de la découverte, instant simple où tout était suspendu, coïncidence fulgurante de notre âme rejoignant l’indicible beauté du tout… précieux et toujours uniques moments où le temps « se semait » en rendez-vous intimes, effleurements d’instants simples…

Vous souvenez-vous comme, posé sur les ailes du papillon voletant d’un endroit à l’autre, notre présence était légère. Tout était relié et cousu ensemble. Le temps et l’espace n’existaient pas encore et les mots n’étaient pas encore nés pour séparer les choses.

L’expérience d’unité est la plus naturelle qui soit et nous en gardons une nostalgie qui nous pousse à la retrouver.


Aussi recherchons-nous toute notre vie ce sentiment intime du déjà vécu, où il ne manquait rien.